LA FEDERATION CGT DU SPECTACLE
La Fédération nationale des syndicats du spectacle, de l'audiovisuel et de l'action culturelle – FNSAC – est une fédération d'industrie adhérente à la CGT. Au terme de l'article 3 de ses statuts, elle a pour but :
de regrouper, en vue d'actions communes et d'intérêt général, sans considération des opinions politiques, philosophiques ou religieuses de leurs membres, toutes les organisations professionnelles, interprofessionnelles ou industrielles du spectacle, de l'audiovisuel et de l'action culturelle, ou se rattachant à leur expression, leur diffusion ou leur utilisation ;
de mettre en oeuvre tous les moyens dont elle pourra disposer pour favoriser la constitution d'organisations syndicales des professionnels du spectacle, de l'audiovisuel et de l'action culturelle dans les entreprises, villes, départements ou régions où il n'en existe pas ;
d'établir une solidarité entre tous les membres des organisations affiliées, sans que cela puisse porter atteinte à l'esprit et à l'autonomie de chaque organisation, de façon à soutenir avec efficacité et faire aboutir les revendications susceptibles d'être présentées par les organisations adhérentes ;
de veiller à la stricte application des lois et règlements dont peuvent bénéficier les différentes organisations adhérentes.
Un peu d'histoire…
La Fédération prend ses racines dans la Commune de Paris. C'est en effet dès 1871 qu'est créé le premier Syndicat des musiciens exécutants, son siège était à l'Opéra. Un an plus tôt, en 1870, les artistes dramatiques, lyriques et musiciens avaient constitué la première Chambre syndicale dont la vie avait été très brève. Puis le 31 mars 1880, un artiste de café-concert, Broca, « révolté par l'obligation faite aux artistes femmes, non seulement de quêter, mais encore de consommer avec les clients », créa la Chambre syndicale des artistes dramatiques, lyriques et musiciens.
La première fédération de métier s'organise au sein de la CGT en 1902. Il s'agit de la Fédération des musiciens, dont le président est alors Gustave Charpentier. C'est lui qui posa les bases de la Fédération que nous connaissons aujourd'hui. Ch ef d'orchestre, compositeur, puis directeur de l'Opéra comique, Gustave Charpentier n'était pas de ceux que l'on peut soupçonner de méconnaître la singularité de la création artistique. Mais il avait compris avec ses amis trois idées simples :
la première, c'est que les artistes sont des travailleurs comme les autres : ils ont des intérêts à défendre et ils ne peuvent le faire que collectivement ;
la deuxième, c'est que le spectacle est une oeuvre commune à chacun et à tous ; les uns ont besoin des autres, de l'étoile au machiniste, de la vedette à l'habilleuse. Chaque métier a sa noblesse, sa grandeur, ses servitudes ;
la troisième, c'est que pour agir efficacement en tant que salarié, il faut le faire avec l'ensemble des autres travailleurs de toutes les professions, de toutes les industries.
D'où la nécessité d'être partie prenante de la plus grande et la plus ancienne centrale syndicale : la CGT. Quelles que soient les différences de pensées, les diversités et même les préventions, c'est à la CGT que dès le début s'est organisé le syndicalisme dans le spectacle.
En 1909, sera créée la Fédération générale du spectacle, puis en 1914, la Fédération des syndicats du spectacle. En 1921, la scission qui divise le mouvement syndical n'épargnera pas notre Fédération. Les salariés de nos professions sauront s'en souvenir en refusant celle de 1947 qui amena à la création de FO. Cette période avait été précédée par un grand élan d'actions unitaires. Nos syndicats avaient combattu un accord conclu en 1946 - les accords de Washington, plus connus sous le nom d'accords Blum-Byrnes - de soumission du cinéma français au profit des grandes compagnies américaines. Cette mobilisation, à laquelle participa largement l'opinion publique, contraindra le Parlement à voter en 1948 la première loi d'aide au cinéma et à la révision des accords Blum-Byrnes.
Ainsi s'est construite dans notre pays une fédération qui regroupe en son sein l'ensemble des catégories professionnelles du spectacle, du cinéma, de l'audiovisuel et de l'action culturelle.
Cette unité et cette diversité constituent une force inestimable. Elle est possible grâce à une vie démocratique qui intervient à tous les échelons de nos organisations et que chacun s'efforce de parfaire. Elle s'appuie sur la communauté profonde d'intérêts qui existe entre les salariés de nos professions pour lesquels le développement culturel et la satisfaction de leurs revendications sont intimement liés.
Par le passé et comme aujourd'hui, c'est sa force et celle de ses syndicats qui ont permis la conclusion de conventions collectives dans les secteurs du cinéma et de l'audiovisuel. Il en est de même concernant sa présence notamment dans les organismes professionnels qu'il s'agisse de la mise en place du Centre National de la Cinématographie à la Libération et de l'adoption de la 1 ère loi d'aide, de la création du Festival International du Film de Cannes en 1947, de la mise en place du Fonds de Soutien au Théâtre privé, puis du Centre National des Variétés, du Centre National des Arts du Cirque de Châlons, du fonds d'assurance formation AFDAS en 1972, du groupe de protection sociale Audiens ou encore des annexes ASSEDIC cinéma-spectacle.
Dans chaque institution ses représentants siègent avec comme seul souci de défendre les professions et les salariés de la branche professionnelle.
Des représentants issus des syndicats de la Fédération siègent, à la Commission paritaire de l'ASSEDIC de Paris, dans les commissions d'attribution des licences d'entrepreneurs de spectacle, au CNPS ou dans les COREPS.
Nos organisations sont également pleinement impliquées dans 3 organisations internationales à savoir la Fédération Internationale des Acteurs (FIA), la Fédération Internationale des Musiciens (FIM) et de l'Union Internationale des média et du spectacle (UNI MEI). Ces trois organisations sont regroupées au sein de l'Alliance Européenne des Arts du Spectacle (EAEA) qui possède un siège au comité exécutif de la CES (Confédération Européenne des Syndicats).